Comment fabriquer un butoir pour motoculteur : plans et tuto DIY (étape par étape)

Table des matières
On en a tous marre de voir les prix s'envoler pour un simple morceau de métal peint en rouge, non ? Acheter un butoir neuf coûte souvent entre 50 et 150 euros. Le pire, c'est qu'à ce tarif-là, on se retrouve souvent avec une tôle fine qui plie à la première grosse pierre oubliée au milieu des patates. Si vous avez un poste à souder et quelques ferrailles qui traînent à l'atelier, vous avez déjà tout ce qu'il faut pour fabriquer un outil bien plus robuste et, surtout, parfaitement adapté à votre terre.
"Pour fabriquer un butoir pour motoculteur, la méthode la plus efficace consiste à souder deux tôles d'acier de 3 mm en forme de V (le versoir) sur un fer plat vertical (le sep). Une alternative économique et populaire implique la découpe d'une vieille bouteille de gaz ou d'une pelle pour former les ailes. Celles-ci sont ensuite fixées sur un étançon carré relié à l'attelage universel du motoculteur.
Les prérequis avant de faire chauffer l'électrode
Ne partons pas tête baissée. Fabriquer un outil de travail du sol demande une solidité que le petit bricolage du dimanche ne garantit pas toujours. La pression exercée par la terre sur les ailes du butoir est énorme, bien plus qu'on ne l'imagine.
Pour le matériel, il vous faut du costaud. Un poste à souder à l'arc (MMA) ou un Inverter est idéal. Oubliez les baguettes trop fines : une électrode de 2,5 mm ou 3,2 mm est nécessaire pour assurer une pénétration profonde dans le métal. Côté découpe, la meuleuse d'angle est votre meilleure amie, équipée de disques à tronçonner et à ébarber pour des finitions propres. N'oubliez pas l'équerre de serrurier pour la symétrie, c'est ce qui fera la différence entre un outil qui file droit et un truc qui tire à gauche. Enfin, protégez-vous : masque, gants en cuir épais et tablier sont le minimum syndical.
Concernant les matériaux (votre liste de courses ou de récupération) :
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L'étançon (la jambe) : Utilisez un fer plat de 40x10 mm ou un profilé carré plein de 30x30 mm selon votre attelage.
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Le squelette : De la cornière de 30x30 mm servira à rigidifier l'ensemble.
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Le corps : Il vous faut de la tôle d'acier de 3 mm d'épaisseur minimum pour résister à l'abrasion. Si vous n'en avez pas, la méthode de récupération ci-dessous est faite pour vous.
Méthode 1 : fabriquer un butoir simple avec de la récupération
C'est la méthode préférée des « Makers » ruraux : transformer un déchet en outil agricole performant. La forme incurvée naturelle de certains objets est parfaite pour créer le versoir, cette partie qui retourne la terre. Les deux sources les plus efficaces sont les cuves internes des vieux chauffe-eaux et, classiques indémodables, les bouteilles de gaz réformées.
Si vous trouvez une vieille pelle de chantier à bout rond, vous pouvez la couper en deux dans la longueur. Vous obtenez instantanément deux ailes symétriques prêtes à être soudées sur l'étançon.

Plan de découpe upcycling butoir
Protocole de sécurité critique (bouteille de gaz)
Si vous optez pour la bouteille de gaz, attention. Vous jouez avec le feu, au sens propre. Ne coupez jamais une bouteille directement, même si le robinet est ouvert depuis des années. Des résidus de gaz peuvent rester piégés dans le métal ou au fond, et l'étincelle de la meuleuse ne pardonne pas.
Voici la seule procédure acceptable : dévissez totalement le robinet (la tête), puis remplissez la bouteille d'eau à ras bord, jusqu'à ce que ça déborde. L'eau chasse tout le volume de gaz résiduel. Une fois l'eau vidée, vous pouvez découper à la meuleuse sans risquer de faire sauter l'atelier.
La découpe et l'assemblage
Une fois votre cylindre sécurisé, le travail est assez intuitif. Découpez l'ogive (le haut ou le bas de la bouteille) pour récupérer la partie bombée. Tranchez cette coupole en deux parts égales. Il ne vous reste plus qu'à souder ces deux « quartiers » de part et d'autre de votre fer plat central pour former un V. L'arrondi naturel de la bouteille permettra à la terre de rouler parfaitement pour former de belles buttes de pommes de terre.
Méthode 2 : fabrication d'un butoir à socs type « pro » sur mesure
Vous préférez peut-être un look plus industriel et géométrique, proche d'une charrue traditionnelle ? La fabrication en tôle plane est la solution technique la plus propre. Elle se compose de trois éléments distincts.
D'abord, la pointe (le soc). C'est elle qui pénètre le sol. Découpez un triangle isocèle dans une tôle épaisse (4 ou 5 mm) ou limez l'extrémité de votre fer plat en pointe. Renforcez-la sérieusement, c'est la pièce d'usure principale. Ensuite, les ailes (le versoir). Il s'agit de deux rectangles ou trapèzes découpés dans de la tôle de 3 mm. Enfin, l'étançon, la colonne vertébrale qui tient tout ça.
Pour l'assemblage, la géométrie compte. Positionnez vos deux ailes sur l'étançon pour former un angle d'ouverture compris entre 40° et 60°. Si l'angle est trop ouvert, vous pousserez trop de terre (effet bulldozer) et le motoculteur va patiner. Si l'angle est trop fermé, la butte sera trop étroite et ne couvrira pas assez les tubercules.
Assurez-vous de faire de gros cordons de soudure à l'intérieur du V et de meuler l'extérieur pour que la terre ne colle pas aux aspérités. Plus c'est lisse, mieux ça glisse.

Dimensions et plans d'un butoir pro
Le système d'attelage et de réglage : la clé de la réussite
C'est là que 90 % des bricoleurs se plantent. Si vous soudez votre butoir directement sur une barre fixe, vous ne pourrez jamais l'utiliser correctement. Le sol n'est jamais parfaitement plat, et votre outil doit être adaptable. Il faut impérativement passer par une liaison réglable ou un attelage universel.

Mécanisme d'attelage et réglage du butoir
Régler la profondeur de travail
Votre étançon doit pouvoir coulisser verticalement dans le porte-outil. Vous pouvez percer plusieurs trous le long de la tige de votre butoir, ou mieux, créer une « lumière » (un trou oblong vertical) sur le porte-outil. Cela vous permet de bloquer l'outil plus ou moins haut avec un boulon de serrage. C'est vital : si le butoir est trop bas, il plantera le moteur ; trop haut, il ne fera que griffer la surface.
Régler l'inclinaison (le piquage)
C'est le réglage le plus subtil, celui qui distingue les bons outils des mauvais. L'angle d'attaque de la pointe par rapport au sol, qu'on appelle le talonnage ou le piquage, détermine tout le comportement de l'outil.
Si vous avez trop de piquage (pointe vers le bas), l'outil cherche à s'enfoncer indéfiniment (effet ancre). Votre motoculteur va s'arrêter net ou les roues vont creuser des trous jusqu'en Chine. À l'inverse, avec pas assez de piquage (pointe vers le haut), l'outil refuse de rentrer (« il refuse le sol ») et glisse dessus comme un ski.
Il faut prévoir une vis de butée sur votre attelage pour ajuster cet angle finement jusqu'à trouver l'équilibre où l'outil « tient » sa profondeur tout seul.
Butoir simple ou double rangs : que choisir ?
Sur les forums spécialisés, le débat fait rage. Faut-il gagner du temps avec un butoir double ou rester modeste ? Regardons les faits.
| Caractéristique | Butoir Simple (1 rang) | Butoir Double (2 rangs) |
|---|---|---|
| Puissance requise | Faible (5-6 CV suffisent) | Élevée (8 CV + recommandé) |
| Traction | Facile, le motoculteur avance bien | Difficile, patinage fréquent |
| Stabilité | Excellente, facile à guider | Tendance à « danser » de gauche à droite |
| Rendement | Lent (un passage par rang) | Rapide (deux demi-rangs ou un rang complet) |
| Réglages | Simple | Complexe (écartement entre corps à gérer) |
Pour un motoculteur standard de jardinier amateur, je recommande vivement le butoir simple. Le butoir double est souvent trop lourd à tirer et demande une maîtrise parfaite de l'écartement des roues pour ne pas écraser les plants voisins. Ne soyez pas trop gourmand, mieux vaut faire deux passages propres qu'un seul passage bâclé où vous devez pousser la machine.
Astuces d'experts pour une utilisation efficace
Votre butoir est prêt, la peinture sèche. Avant d'aller au jardin, voici ce que l'expérience du terrain nous enseigne pour éviter les déconvenues habituelles.
Premièrement, la traction est votre ennemie. Un butoir agit comme un frein puissant. Vos pneus agraires ne suffiront probablement pas. Il faut alourdir la machine : ajoutez des masses de roues et une masse avant. Plus c'est lourd, mieux c'est. Si possible, remplacez les pneus par des roues métalliques à cliquets. Elles offrent une adhérence bien supérieure dans la terre meuble.
Deuxièmement, ne jamais travailler en force. N'essayez pas de butter un sol dur et tassé. Le butoir n'est pas fait pour casser la terre, mais pour la déplacer.
Passez toujours un coup de fraise (rotovator) avant d'installer le butoir. La terre doit être « fine comme de la cendre » pour monter de belles buttes sans effort et sans user prématurément votre soudure.
❓Foire Aux Questions (FAQ)
Peut-on adapter un butoir de micro-tracteur sur un motoculteur ?
C'est généralement une très mauvaise idée. Les outils de micro-tracteurs sont beaucoup trop lourds et dimensionnés pour un relevage hydraulique 3 points. Votre motoculteur risque de cabrer ou l'attelage de casser net sous la contrainte. Restez sur du matériel adapté à votre gabarit.
Quelle puissance de motoculteur pour un butoir à pommes de terre ?
Pour un butoir simple, un moteur de 5 à 6 CV (environ 200 cc) suffit largement si le sol est meuble. Si vous visez un butoir double ou que vous travaillez une terre argileuse lourde, il faudra viser au moins 8 CV et une machine lourde.
Pourquoi mon butoir ne rentre pas dans la terre ?
C'est quasiment toujours un problème de « piquage » (voir la section réglages plus haut). Votre pointe relève trop vers le haut. L'autre possibilité, c'est que votre sol n'a pas été suffisamment ameubli (fraisé) au préalable.
Vaut-il mieux un butoir à disques ou à socs ?
Le butoir à disques (disque butteur) est excellent pour les terres lourdes ou un peu enherbées car il roule sur l'obstacle et ne bourre pas. Cela dit, le butoir à socs décrit ici est beaucoup plus simple à fabriquer soi-même et fait un travail impeccable pour un potager bien entretenu.